Avant son arrestation, sa condamnation à mort et sa Résurrection, Jésus-Christ a partagé un dernier repas avec ses douze disciples. Dans la vie des Églises d’hier et d’aujourd’hui, la commémoration de ce repas occupe une place fondamentale, quel que soit le sens donné à cette commémoration non réduite à un simple souvenir. La réitération de ce repas à travers les âges a donné lieu à un grand nombre de compositions de prières ou formulaires d’abord improvisés, puis plus ou moins codifiés selon les traditions et les époques.
La compréhension et la manière d’exprimer le sens de ces formulaires a fait l’objet de controverses face à une réduction de sens ayant conduit à ne voir que la dimension sacrificielle de ce repas fondateur pour les chrétiens. Mais les redécouvertes plus récentes de la richesse des textes bibliques eux-mêmes a occasionné depuis plus de 50 ans un grand nombre d’études sur l’évolution depuis ce dernier Repas jusqu’aux premiers formulaires anciens parvenus, montrant que le sens de cette commémoration est plus que sacrificiel.
Pour redécouvrir ces richesses, les organisateurs des 69e et 70e Semaines d’Études liturgiques ont proposé aux contributeurs de revisiter la constitution progressive des formulaires composés et utilisés au long des siècles, pour tenter d’y mettre en évidence des aspects doctrinaux ayant pu s’estomper dans l’histoire des recherches liturgiques.
Depuis 1953, sauf une interruption en 1956, et une en 2020 en raison de la pandémie, les Semaines d’Études liturgiques sont annuellement organisées à l’Institut Saint Serge. Ces rencontres à caractère œcuménique préconisent une approche académique des textes et de leur histoire, pour une découverte réciproque des diverses traditions liturgiques et pour déceler, au-delà des pratiques différentes, de possibles points de convergence doctrinale.
Puisse la diffusion de ces travaux prolonger les réflexions entamées lors des deux colloques annuels consacrés à un même thème, loin d’épuiser le sujet, pour nourrir la réflexion de toute personne consciente des enjeux doctrinaux d’une action liturgique.